Elle pense que je la vois pas, ou plutôt elle n'y songe pas du tout.
Elle ne s'en rend pas bien compte, que toute ma planète gravite autour de ses mots, autour de son odeur, de son sourire, de son regard. Elle ne vois pas quand, démolie, je l'observe s'en aller loin de moi, même pour une heure, pour une journée ou deux. Mais ça ne fait pas spécialement mal, ça arrache juste l'oxygène de mes poumons, si rapidement.. que la douleur n'a pas le temps de m'atteindre. Alors je continue ma journée, ma semaine.. comme si elle n'existait pas. Au fond c'est pas vraiment ça que je veux, mais je ne sais rien faire d'autre. Ca ne servirait à rien qu'elle découvre ma passion secrète et mélancolico-dramatique à la con... De toute façon je ne suis pas à la hauteur. Elle trouverait ça tellement ridicule, tellement surprenant. Je ne m'attend pas à ce qu'elle se jette dans mes bras, je ne lui demande rien. Je veux juste continuer, l'admirer en silence, l'observer encore quand elle rit aux éclats. Impunément je continue ma vie en faisant comme si elle n'était personne pour moi. Sa présence suffit à me combler, elle a une telle grâce, je crois que jamais je n'avais vu une femme aussi exceptionnelle. Quand elle me parle, j'avale ses mots, tout ce qu'elle dit me fascine, tout ce qui sort de sa bouche ne peut être que vrai. C'est comme si je tombais amoureuse d'elle à chaque fois que je la croisais. C'est fou. C'est beau. Mais c'est tellement effrayant.